Le lanceur Eloi Secleppe rejoint le PUC 1

21/02/2014

Après l’arrivée de Larry Infante et le retour de Delvin Sanders, le PUC enregistre un autre renfort de poids, le jeune lanceur de l’équipe de France Eloi Secleppe.

Originaire du nord de la France où il a commencé chez les Aigles de Beaurains, il a ensuite évolué chez un club confirmé de la 2ème division Dunkerque avant de rejoindre Savigny sur Orge en D1 en 2009. Une progression qui lui a permis d’intégrer les équipes nationales jeunes, avec un titre de champion d’Europe 2012 en U21, mais aussi les Seniors lors de l’Euro 2012 puis les qualifications de la World Baseball Classic en Floride à la suite de l’Euro 2012.

Cet ancien pensionnaire du Pôle France de Rouen, qui lance droitier, a manqué la saison 2013 de la D1 après avoir terminé celle de 2012 avec un ERA de 3.83 avec une fiche positive de 6 victoires pour 3 défaites. Absent certes de la saison D1 mais une année où il a vécu pleinement le baseball puisqu’il intégra l’équipe professionnelle des Thunderbirds de Toyama dans la ligue indépendante japonaise de la Baseball Challenge (ligue où ont déjà joué les français Félix Brown et Fred Hanvi, ce dernier y retournant cette saison).

Une année japonaise pendant lequel le joueur s’est fortement aguerri. De bonne augure pour le PUC et l’équipe de France. Tout naturellement, nous sommes allés à sa rencontre. Une interview qui respire la passion pour le baseball.

Bonjour Eloi. Peux tu te présenter ? Quel est ton parcours sportif ?

Je suis Eloi Secleppe, j’ai 22 ans et je suis lanceur.

J’ai commencé le baseball à 7-8 ans au club des Aigles d’Artois (à l’époque Aigles de Beaurains), dans le Pas-de-Calais. Avant le PUC, mes clubs ont été dans l’ordre chronologique : les Aigles d’Artois ; les Korvers de Dunkerque ; les Lions de Savigny sur Orge ; les Thunderbirds de Toyama au Japon.

J’ai intégré le pôle France de Rouen l’année 2006 et y ai passé mon Bac 3 ans après. Ma première sélection en équipe de France a été lors de l’été 2006. Au championnat d’Europe, je faisais parti de l’équipe lorsque nous avons fini 2e en U16, 3e en U18, puis 3e et 1e en U21.

Tu rejoins le PUC qui est redevenu l’un des clubs du TOP 4 de la D1. Quels objectifs, individuels et collectifs, te fixes-tu cette saison ?

Individuellement, je vais continuer à me dépasser pour atteindre un meilleur niveau et me perfectionner. Le championnat d’Europe en septembre est l’objectif de cette année. Je ferai en sorte de progresser pour trouver ma place dans la sélection.

Collectivement, j’attends beaucoup de l’équipe du PUC, menée par Kieran Mattison. Les joueurs sont motivés, impliqués, et se frayer un chemin vers une coupe d’Europe me semble tout à fait envisageable.

Tu as donc joué pour les Toyama T-Birds en 2013. Comment as tu vécu cette expérience ?

J’ai passé une licence LEA d’Anglais et de Japonais, et aller passer une année au Japon n’était que la suite logique de mon parcours. J’ai vécu une saison avec les Thunderbirds de Toyama (BC League), et j’ai beaucoup appris, que ce soit sur le terrain à vider des buckets de balles entiers en lançant à un catcheur, ou partager et échanger avec les joueurs autour d’un sukiyaki (fondu japonaise) ou d’un cordon bleu !

Est-ce que cela t’a fait progresser au niveau de ton jeu ?

J’ai progressé mentalement d’abord. Le Japon est très strict et beaucoup de codes sont présents tels que : être fair-play ; être ponctuel ; respecter le jeu. Mais également de devoir se raser tous les matins la barbe et la moustache. C’est ce dont j’ai eu le plus de mal !

Physiquement, je me sens beaucoup plus à l’aise avec mon corps qu’avant ce vécu. J’ai été fatigué en fin de saison, mais ce repos hivernal m’a fait du bien et je repars sur de bonnes bases, surtout avec la préparation qu’apporte Kieran à l’équipe.

Quelles sont les grandes différences entre le baseball japonais et français ?

La différence est que le baseball au Japon fait parti de leur culture. Ils grandissent dedans, et cela de la maternelle jusqu’à l’université, puis les pros pour les meilleurs. Comme je l’ai dit plus haut, ils sont très à cheval sur les règles, et au moindre décalage vous pouvez vous retrouver sur le banc.

Comme le baseball français est-il perçu là-bas ?

Et bien il n’est tout simplement pas perçu ! Nous sommes reconnu pour le football, le rugby, et c’est tout. Pendant mon séjour, un comédien franco-japonais (spécialisé dans le "one man show" au Japon) a qualifié le baseball français de si simple qu’il suffisait de connaître les règles pour faire parti de l’équipe nationale. C’est pour dire l’image reçu du baseball français au Japon.

Espères-tu toujours jouer en pro au Japon ? Quels buts te fixes-tu dans l’avenir comme joueur ?

J’ai déjà passé les tests pour la BC League au Japon. A ce stade de la sélection, des joueurs de toutes catégories se sont présentés, des jeunes sortis du lycée, des trentenaires, et même un manchot du bras gauche qui s’est présenté en temps que lanceur, ce qui est impressionnant et force le respect. Et tout ça me montre qu’il n’est jamais trop tard pour retenter sa chance.

Mais pour l’instant, ce que j’espère du baseball, c’est qu’il continue à me faire voyager comme il l’a fait depuis mes premières sélections en équipe nationale. De la terre rouge particulière à l’infield au Japon, jusqu’aux terrains près des cocotiers à Cuba, le baseball m’a fait vivre des expériences humaines que je n’oublierai pas. Et je compte bien en avoir d’autres pour encore un bon moment !

Merci Eloi !