Présentation des demi-finales de la D1

Ce week-end, commenceront les deux demi-finales de la D1 opposant Montpellier à Rouen et le PUC à Sénart pour deux matchs. Les 24 et 25 août, Rouen et Sénart recevront pour le deuxième week-end des demi-finales qui se jouent au meilleur des cinq matchs.

PUC-Sénart

Revanche de 2012. Le PUC se qualifiait pour sa première demi-finale depuis 2003, réintégrant le haut du tableau de la D1. Mais Sénart s’était mis en travers de la route des parisiens pour remporter la demi-finale trois victoires à une avant de s’incliner en finale du championnat face à Rouen. Avec l’arrivée de leur nouveau terrain en 2013, Sénart avait de nouvelles ambitions, envie de changer la dimension du club. En 2012, Sénart s’était installé comme le premier challenger. Cela n’a pas changé en 2013 avec recrutement prestigieux.

Les Templiers sont allés du côté de Cuba pour y recruter une star de la première division cubaine Rolando Merino Betancourt, ancien joueur de Santiago de Cuba, ainsi que le joueur des Sabuesos de Holguin, Henri Leyva. Un recrutement cubain complété par le jeune Ruben Soto et un joueur voisin du Cuba, le dominicain Sneedeir Santos. Des joueurs qui se joignent à la colonie cubaine de Sénart avec Ernesto Martinez et Leonel Cespedes. Mais Sénart a aussi renforcé son monticule avec deux lanceurs espoirs du baseball français issu du baseball lycéen américain, Jonathan Mottay et Yannick Villanueva.

Les Templiers ont aligné une équipe complète cette saison, montant en puissance journée après journée pour terminer 2ème de la saison régulière et remporter haut la main en juin leur poule de qualification européenne qu’ils accueillaient du reste. Le point noir de la saison fut la finale perdue du Challenge de France face à Rouen alors que les Templiers menèrent 7-0 la première moitié du match, contrôlant les Huskies avant de s’effondrer et de voir revenir les rouennais sur eux. On peut imaginer sans peine que Sénart sera surmotivé pour faire oublier cet épisode en remportant la finale. Mais avant ça, ils devront se défaire du PUC et cette année, c’est une autre demi-finale qui devrait se jouer.

En effet, le PUC s’est également renforcé à l’intersaison pour continuer sa reconquête de la D1. En plus du retour de James Murrey au monticule, le PUC a recruté pas moins de 13 nouveaux joueurs dont un ancien receveur des Yankees en ligues mineures et champion du Panama (pro) cet hiver Mitch Abeita, les jeunes lanceurs de l’équipe de France 18U Pierre Turettes et Johan Léger ou encore enregistrant le retour d’un ancien joueur, MVP des finales de la D2 2012 le cubain Hasely Medina. Autre recrue de premier choix, Enrique Juma Trinidad, en provenance des Lions de Savigny. Le dominicain a amené sa constance à la batte, auteur de plusieurs frappes décisives en saison mais il a surtout était un deuxième partant efficace pour offrir au PUC la possibilité de remporter deux matchs même face aux grosses écuries. Enfin, le PUC a du trouver un nouveau coach après le retour aux États-Unis de Jeff Stoeckel. C’est Kieran Mattison, ancien lanceur des ligues mineures et du circuit indépendant, qui a pris la relève et qui s’est aussi transformé en super closer de l’équipe.

Cependant, malgré de très bons matchs de pré-saison, il a fallu une demi-saison aux parisiens pour mettre en route la machine. La première partie de saison fut difficile, avec une élimination précoce au Challenge de France que les parisiens organisaient, même si le PUC termina 4ème, ex-aequo avec Beaucaire, de la phase aller. En revanche, la phase retour fut la meilleure de toute la D1 avec 11 victoires pour seulement 3 défaites ce qui a permis au PUC de prendre la 3ème place de la saison régulière lors de la dernière journée aux dépens de Montpellier.

Les parisiens ont donc du passer par un quart de finale contre les Lions de Savigny/Orge (6ème de la D1). Malgré le statut de favori et une superbe fin de saison, le PUC a été poussé à un troisième match décisif qui s’est joué en fin de match. De quoi montrer aux parisiens le travail à accomplir encore pour arriver en finale mais une quart de finale qui aura galvaniser les troupes.

Que disent les stats ?

Les deux équipes sont très proches au niveau des statistiques. Le PUC possède la deuxième meilleure moyenne de frappe (.307) de la D1, devant Sénart (.298). Les parisiens sont les seuls au dessus de .300 avec Rouen. Mais l’écart avec les Templiers est ténu. Le slugging des pucistes est un poil meilleur mais l’inverse est vrai pour la présence sur base des Templiers. Même topo en défense où les fielding sont quasi-identiques, .948 pour Sénart (4ème) contre .944 (6ème) pour le PUC, dont la défense fut le point noir en phase aller ainsi que par moments lors du quart de finale contre Savigny.

Reste le monticule. Sur la butte, Sénart domine avec le 2ème meilleure ERA de la division (3.24) tandis que le PUC affiche un bon 3.60 (5ème). Un monticule qui pourrait donc faire la différence.

Les joueurs à suivre

Sénart possède des joueurs d’expérience et certains ont connu la première division cubaine comme Ernesto Martinez et les recrues Rolando Betancourt et Henri Leyva, capable aussi de bonnes sorties au monticule. Fred Hanvi reste le frappeur numéro 1 de l’équipe mais derrière, en dehors des cubains et domincains, Sénart peut compter sur de jeunes pépites françaises comme Dylan Mayeux, Arthur Paturel, Pierre Brelle ou Jacques Boucheron. Au monticule, Jonathan Mottay et Leonel Cespedes sont l’avenir du pitching français. Et Matthieu Brelle Andrade reste une valeur sûre au lancer ou au bâton.

Le PUC compte moins de lanceurs de relève dominants derrière James Murrey et Enrique Juma Trinidad mais elle ne manque de talent avec Michael Zberro, Grégoire Germain, Johan Léger, Pierre Turettes, Fred Mouchet et bien entendu le coach Mattison, le closer de l’équipe. Les gros cogneurs seront légions, en particulier le top player Douglas Rodriguez, l’un des meilleurs joueurs de la D1, Mitch Abeita, Pierre Turettes ou encore Delvin Sanders, l’un des meilleurs frappeurs de la division et le plus grand voleur de bases.

Conclusion

Sénart avait pris l’avantage psychologique avant la dernière journée avec 3 victoires en saison (deux en championnat et une au Challenge de France) mais le PUC a pris les deux matchs lors de la dernière journée de la saison régulière. Et, si en 2012, le PUC redécouvrait le haut du tableau, la saison 2013 est celle de la redécouverte d’une finale. Le PUC semble plus armé pour s’imposer face aux Templiers mais Sénart a construit sa saison et son équipe pour battre Rouen, surtout après la finale perdue au Challenge. Et les Templiers veulent enfin un titre de champion de France. Cette demi-finale pourrait se révéler terriblement accrochée.

Rencontres du 17-18/08/2013 à suivre sur twitter @PUCBASEBALL

Événement facebook : https://www.facebook.com/events/621104114590007/?fref=ts

Montpellier-Rouen

Il y a deux ans, Montpellier est passé proche de ravir le titre à Rouen. Montpellier avait remporté les deux premiers matchs de la finale à domicile avant d’en perdre trois d’affilée à Rouen le week-end suivant. Proche du sacre, Montpellier connaît alors une saison 2012 compliquée. Une saison régulière pénible, accrochant tout de même la 6ème place qualificative en playoffs, sortant face au PUC en quart de finale en trois matchs. Une victoire en qualifier européen en juin mais une élimination presque surprise en barrage européen en septembre.

Pour éviter de revivre la saison 2012, les Barracudas de Montpellier ont renforcé le groupe par des recrues notamment étrangères dont l’ancien puciste Will Musson, valeur sûre du championnat depuis 2011 et quatrième meilleure moyenne au bâton de la D1 l’année dernière, doublé d’un très bon lanceur et d’un excellent défenseur.

Le résultat a été une première partie de saison où les montpelliérains ont tenu la dragée haute à Rouen tout en devançant Sénart et le PUC. Une phase aller juste gâchée par une élimination précoce au Challenge de France en mai. Mais la phase retour de la saison régulière va devenir plus compliquée où les sudistes vont alterner le bon et le moins bon. Un jeu de montagnes russes qui va permettre à Sénart de s’installer à la deuxième place puis au PUC de leur chiper la troisième place lors de la dernière journée.

Montpellier, 4ème, rencontre alors les voisins gardois de Beaucaire en quart de finale. Un quart de finale rondement mené face aux Chevaliers puisque les Barracudas s’imposent nettement en deux matchs 9-0 et 8-3 avec notamment un shutout de Will Musson lors du premier match avec seulement 4 coups sûrs et 1 BB alloués et 11 retraits sur prise sur un match complet.

Du côté du champion en titre, la saison 2013 a montré que Rouen n’était pas hors de portée… sur un match. Les Huskies se sont inclinés face à Toulouse, Savigny, Sénart et Beaucaire sur un match et ont connu plusieurs matchs accrochés face au PUC ou encore les équipes de Pôle. Mais force est de constater qu’avec seulement quatre défaites, Rouen est encore au dessus du lot. Sans compter la victoire finale au Challenge de France après avoir été mené 7-0 en finale par Sénart.

La seule vraie ombre au tableau, la dernière place en Coupe d’Europe A où Rouen est passé à travers, obligeant les rouennais à un nouveau tour de barrage comme en 2011 alors qu’ils s’étaient qualifié au final four en 2012. Il faut dire que toute la saison, les Huskies ont du faire avec un groupe aux ressources plus limitées avec notamment des joueurs majeurs moins présents comme Joris Bert ou Kenji Hagiwara et des recrues moins performantes que les Paquette et Mezger de la saison dernière.

Seulement, le groupe rouennais possède tout de même le groupe le plus complet de la division, entre jeunes pousses prometteuses, déjà efficaces comme Bastien Dagneau ou Yoan Vaugelade, et les expérimentés, valeurs sûrs du championnat, Keino Perez ou Boris Marche pour ne citer qu’eux.

Que disent les stats ?

Montpellier possède seulement la sixième moyenne de frappe de la division (.245), loin derrière le leader Rouen (.327) qui lui possède la meilleure attaque. Seul domaine où Montpellier rivalise avec Rouen, les vols de base. Au monticule, Rouen surclasse encore les Barracudas avec un ERA de 1.90 (1er) alors que celui de Montpellier est de 3.48 (4ème). La défense est l’unique domaine où rouennais et montpelliérains sont proches avec un fielding normand de .756 contre .745 pour les sudistes.

Les joueurs à suivre

Côté Montpellier, les lanceurs devront élever leur niveau face aux Huskies. Will Musson, généralement implacable vis à vis des équipes 5 à 8 a toujours eu plus de mal face aux équipes du top 4. Surfant sur son superbe shutout en quart, il devra hausser son niveau. Guillaume Felices et Grégory Cros sont encore les piliers de l’attaque des Barracudas suivi par Grégoire Maurette et Will Musson. Le reste de l’équipe devra frapper plus et se montrer plus opportuniste pour bousculer Rouen, notamment l’américain Lucas Shaw pas toujours régulier et qui doit apporter plus à l’offensive.

Contrairement aux Barracudas, les Huskies ont placé nombre de joueurs dans les top 10 des classements individuels offensifs notamment en moyenne de frappe ou slugging. L’offensive Huskies est puissante et régulière avec à sa tête Boris Marche et Matthew Smith, 3ème et 4ème moyenne de frappe de la division. Oscar Combes, Brian Ramirez, Luc Piquet, autant de joueurs au dessus de .300 de moyenne, capable de sortir la balle du terrain. Et si Rouen impressionne en attaque, le monticule fait également sensation entre Owen Ozanich (ERA 1.00), devenu la référence des lanceurs français, ou encore l’ancien pro des ligues mineures, le vénézuelien José Rodriguez, qui après un début mitigé, s’est imposé avec un ERA de 1.41 au final. Derrière la relève est bien assurée entre Keino Perez ou encore Yoan Vaugelade. Le monticule rouennais est armé pour durer si la demi-finale devait s’éterniser.

Conclusion

Rouen semble, sur le terrain et au regard des statistiques, partir avec un large bénéfice pour le titre de favori. Attaque, monticule, défense, Rouen domine partout, y compris aux confrontations directes (4 victoires à 0 pour Rouen en 2013). Mais les montpelliérains pourront surfer sur un beau quart de finale où ils ont fait le plein de confiance. Conscients de la supériorité apparente de Rouen, ils pourront jouer sans pression avec le rôle d’outsider. Et jouer sans pression peut parfois transcender une équipe et des joueurs. Mais Rouen sait aussi se transcender quand la situation est difficile avec l’arme numéro 1 des Huskies, le mental.